jeudi 21 mars 2019

Notes de lectures : l’histoire, une matière qui dégage de toute responsabilité


Lu dans Les fils de la poussière de Arnaldur Indridason (Paris : Métaillé, 2018)

« J’étais fainéant, vois-tu. Ça ne me venait pas à l’esprit de faire des efforts, d’ailleurs je n’en avais pas besoin. […] Mes amis se sont inscrits en médecine, moi en histoire. C’est une matière qui me passionne, mais quand on y réfléchit, elle nous dégage aussi de toute responsabilité. » (p.128)

jeudi 14 mars 2019

Notes de lecture : se faire appeler directeur

Lu aussi dans Le Dynamiteur de Henning Mankell (Paris : Seuil, 2018)

« Je n’apprécie pas que mon gamin ait voulu être appelé directeur dès qu’il a acheté une machine à laver et s’est mis à faire la lessive pour les gens. Enfin, quoi, les lavandières ne se faisaient pas appeler directrices, alors qu’elles passaient leur vie à faire la lessive. Pareil pour tous ceux qui essuient la merde des autres. Rien que le mot me met en rogne. Maintenant, il a une grande laverie, mais il ne devrait quand même pas se faire appeler directeur. » (p. 181)

jeudi 7 mars 2019

Notes de lecture : il faudrait écrire davantage sur ce que les gens n’ont pu que murmurer

Lu aussi dans Le Dynamiteur de Henning Mankell (Paris : Seuil, 2018)
 
« J’ai lu les livres de Moberg*. Ils sont bien. C’est comme des livres d’histoire, mais plus passionnant. On est captivés. Ceux dont il parle n’ont rien d’extraordinaire. Ils sont comme tout le monde. Mais on voit tout ce qu’ils ont dû traverser. Il faudrait écrire plus de livres comme ça. Les gens ont été réduits à murmurer pendant des siècles, mais ce sont quand même eux qui ont pris les coups et ont été battus. Il faudrait écrire davantage sur ce que les gens n’ont pu que murmurer. » (p.180)
 
* Vilhelm Moberg (1898-1973) écrivain rattaché au courant du roman prolétarien, connu surtout pour La Saga des émigrants.


jeudi 28 février 2019

Notes de lecture : la déchéance des socio-démocrates


Lu aussi dans Le Dynamiteur de Henning Mankell (Paris : Seuil, 2018)
 
« La déchéance la plus honteuse des sociaux-démocrates est d’avoir transformé le socialisme en une sorte d’organisation de fonctionnaires inutiles qui se sucrent sur le dos des travailleurs. Cette organisation a une entrée et une sortie, mais entre les deux on ne sait pas ce qu’il y a. » (p. 179)


jeudi 21 février 2019

Notes de lecture : le temps avait cessé de courir vers l’avant



Lu dans Le Dynamiteur de Henning Mankell (Paris : Seuil, 2018)
 
« … il observe ainsi toute l’éclipse, avec un léger frisson quand la journée claire s’obscurcit. […] Quand tout est fini […] il reprend le sentier de gravier jusqu’à la ville et se dit qu’à l’instant où l’éclipse était complète, le temps avait cessé de courir vers l’avant, mais s’était étendu en largeur. Et pense qu’il aimerait qu’il en soit ainsi. » (p.161)


jeudi 14 février 2019

Notes de lectures : la jeunesse prête à prendre sa place


Lu aussi dans L’homme de l’ombre de Laurent Turcot (Montréal : Hurtubise, 2018)

« La jeunesse a souvent cette manie de vouloir exister par ce qu’elle vient d’apprendre en montrant à trous qu’elle connaît ce que les vieux connaissent et donc, naturellement, qu’elle est prête à prendre sa place. » (p.131)

jeudi 7 février 2019

Notes de lecture : un livre à la main dans le silence éternel

Lu dans L’homme de l’ombre de Laurent Turcot (Montréal : Hurtubise, 2018)

« L’homme au manteau bleu s’avança davantage. Il se baissa et plongea son regard dans les yeux écarquillés du cadavre. Il avait toujours senti une familiarité avec la mort. Il s’interrogeait sur son propre cadavre, quand on le découvrirait, recroquevillé dans un lit, un livre à la main, la chandelle éteinte depuis des heures. Il aimait se représenter cette scène. Il y pensait comme un spectateur regarde un tableau pour en admirer le clair-obscur sans vraiment s’intéresser au sujet ni aux personnages. Il aimait l’ambiance, le calme, la sérénité, mais surtout le silence éternel. » (p. 18)