jeudi 15 novembre 2018

Notes de lecture : la lecture pénible du fichier d’un manuscrit



Lu dans le roman L’ultime secret du Christ de José Rodrigues dos Santos (Paris : Éditions Hervé Chopin, 2013), une autre quête de vérité du cryptologue portugais Tomás Noronha :

« Étudier un manuscrit sur un écran d’ordinateur est une tâche pénible pour n’importe qui, mais le faire jusqu’à l’aube relève de la torture. Alexander Schwarz frotta ses yeux fatigués, injectés de sang, puis redressa son buste et sentit ses articulations endolories. Cela faisait trop longtemps qu’il était assis dans cette position, le regard tantôt rivé sur l’écran, tantôt sur le carnet de notes où il consignait ses observations.
[…]

Il ferma le fichier du manuscrit et éteignit l’ordinateur. » (p. 71)

jeudi 8 novembre 2018

Notes de lecture : les genres littéraires



Lu aussi dans La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker (Paris, Éditions de Fallois, 2018)

« …dans l’ordre du respect accordé aux genres, il y a en tête de gondole le roman incompréhensible, puis le roman intellectuel, puis le roman historique, puis le roman tout-court, et seulement après, en bon avant-dernier, juste avant le roman à l’eau de rose, il y a le roman policier. » (p. 355)

jeudi 1 novembre 2018

Notes de lecture : peut-on critiquer un art que l’on pratique ?



Lu dans La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker (Paris, Éditions de Fallois, 2018)

« Vous imaginez si les critiques littéraires se mettaient à écrire ou les écrivains à devenir des critiques littéraires ? […] Tout le monde crierait au scandale et à la partialité, et avec raison : on ne peut pas critiquer un art que l’on pratique » (p. 307)

jeudi 25 octobre 2018

Notes de lecture : à propos du temps


Lu aussi dans Les bottes suédoises de Henning Menkell (Paris, Éditions du Seuil, 2016)

« J’ai toujours perçu le temps comme un fardeau qui s’alourdissait avec les années, à croire que les minutes pouvaient se mesurer en grammes et les semaines en kilos. »  (p. 189)

« Dès que le voyant lumineux s’est éteint, les voyageurs ont commencé à se lever et à rassembler leurs affaires avec une impatience à peine contenue. On aurait cru qu’on venait de leur voler un temps précieux et qu’ils se bousculaient à présent pour être sûrs de débarquer avent les autres. J’observais ce spectacle depuis mon siège. C’était comme un troupeau de bêtes en fuite. Mais que fuyaient-elles? Les sièges trop étroits ? La peur de l’avion ? Leur propre vie ? Aurais-je été ainsi, moi aussi ? Quelqu’un qui considérait le temps comme un jeu, avec des gagnants et des perdants ? Je savais que la réponse était oui. J’avais été ainsi. Mais plus maintenant. L’enjeu du temps, pour moi désormais, était de ne pas gaspiller le peu qui m’en restait. »  (p. 201-202)

 « La proximité de la mort transforme le temps en un élastique tendu dont on craint sans cesse qu’il se rompe. »  (p. 332)

jeudi 18 octobre 2018

Notes de lecture : que des livres


Lu dans Un outrage mortel de Louise Penny (Montréal, Flammarion Québec, 2017)

« Pas un son. Pas un grincement ni un craquement. Dans la demi-obscurité, il ne distinguait que des livres. Les murs en étaient tapissés. Ils étaient empilés sur des tables. L’unique fauteuil, éclairé, était recouvert de livres ouverts. Capitonné de récits. » (p. 228)

jeudi 11 octobre 2018

Notes de lecture : le cercle en tant que symbole


Lu dans Signe de vie de J.R. dos Santos (Paris, Éditions Hervé Chopin, 2018)

« Le cercle n’a ni début ni fin, c’est pourquoi il est devenu un symbole universel d’intégrité, d’éternité, d’homogénéité et de perfection […]. Le cercle est l’absence de divisions ou de distinctions, c’est le symbole de l’unité, l’idée selon laquelle nous sommes tous pareils, nous sommes tous reliés, nous ne formons qu’un. La différence est illusion. Pour les hindous et les bouddhistes, le cercle représente la naissance, la mort et la renaissance, le cycle éternel de la vie et de la mort, le temps qui s’achève sans jamais s’achever, une chose en amenant une autre, tout change et tout demeure identique. Même le yin et le yang sont dans un cercle. » (pp. 197-198)

jeudi 4 octobre 2018

Notes de lecture : la brièveté de l’existence


Lu aussi dans Les bottes suédoises de Henning Menkell (Paris, Éditions du Seuil, 2016)

« En tant que médecin, j’avais eu l’occasion de méditer tous les jours sur la brièveté de l’existence. À la différence d’un pasteur, qui la mesure à l’aune de la vie éternelle, un médecin est confronté à ce qu’elle signifie concrètement. Personne n’est prêt à mourir, pas même les individus âgés, parfois très malades, pour qui l’on peut raisonnablement attendre la fin d’un moment à l’autre. Ils affirment le contraire pour rassurer leurs proches. Mais ce n’est pas la vérité. Dès que la porte de la chambre se referme, le moribond cesse de sourire et d’agiter la main; et ce qui lui reste alors, c’est l’effroi et un désespoir sans fond. »  (p. 158)