Les nuées lugubres de l’angoisse et de la crainte


Lu dans Watership Down de Richard Adams (Bordeaux : Monsieur Toussaint Louverture, 2016)

« Voir s’achever le temps de l’angoisse et de la crainte ! Voir se lever puis se dissoudre les nuées lugubres suspendues au-dessus de nous – ces sombres nuages qui attristent le cœur et réduisent le bonheur à un vague souvenir ! Rares sont les êtres qui n’ont jamais éprouvée cette joie-là. » (p. 79)

Clin d’œil aux auteurs de polars

Lu dans Amour Police et Morgue Les aventures de Jim Longpré, détective privé de Jean-Maurice Laporte (Montréal, Les Éditions de l’Homme, 1961)

« Il y a des cocos de génie qui vous pondent des romans de trois cent pages, épais comme une brique, et qui se font une joie de vous dire au commencement de leurs histoires que c’est fictif d’un bout à l’autre, qu’il n’y a rien de réel là-dedans et que si ça ressemble à la vie de tous les jours, c’est tout simplement une pure coïncidence. Du chiqué, du bluff, du truqué par conséquent. » (p. 9)

L’amour et la fascination du travail de romancier

Lu dans Le contrat de Donald Westlake (Paris, Rivages/Thriller, 2000)

« Tel avait été le premier élément de l’amour et de la fascination que le travail du romancier exerçait sur lui, ce déplacement lent mais irrésistible dans l’histoire, trouver l’histoire, en découvrir chaque péripétie, chaque pas en avant. C’était un dédale, chaque fois, un labyrinthe qu’on construisait et résolvait dans le même instant, lorsqu’on trouvait cette péripétie, puis la suivante et la suivante. » (p. 19)

Parmi les talents, le choix de la multitude


Lu dans Monstre sacré de Donald Westlake (Paris, Rivages/Thriller, 2011)

« Dans la réserve de talents qui existent de par le monde, la multitude choisit immanquablement l’individu précis, ou le petit groupe de personnes, qui incarnent l’éthos de l’époque, sa quintessence, son esprit et ses forces vitales. » (p. 170)

Le temps qui nous rapproche du silence



Lu aussi dans La liste de mes envies de Grégoire Delacourt (Paris, JC Lattès, 2012)

« J’ai vu ces années sur son visage, j’ai vu le temps qui nous éloigne de nos rêves et nous rapproche du silence. » (p. 355)

Tout pour être un bon écrivain


Lu dans Par le feu de Marie-Ève Bourassa (Montréal : VLB, 2013)

« Dire que j’ai pourtant tout pour être un bon écrivain : une propension pour l’alcool, une dépendance à la marijuana, un cœur d’artichaut, une histoire triste, un spleen assez fidèle, un cahier et un crayon. Pas d’ordinateur. » (p. 11)

Un présent qui dure six minutes

Lu dans La liste de mes envies de Grégoire Delacourt (Paris, JC Lattès, 2012)

« Depuis son accident, [papa] est dans le présent. Il n’a plus de passé, pas de futur. Il est dans un présent qui dure six minutes et toutes les six minutes, le compteur de sa mémoire retombe à zéro. Toutes les six minutes il me demande mon prénom. Toutes les six minutes il me demande quel jour on est. Toutes les six minutes il demande si maman va arriver. » (p. 44)