La mort plus souvent dans un dernier soupir qu'une ultime plainte


Lu aussi dans Brouillards de Victor Guilbert (Paris : Hugo Thriller, 2023)

« Les nénuphars et les ceps de vigne qui poussent dans le corps, on ne les voit pas alors que leurs dégâts sont considérables. On imagine toujours que la douleur se crie, mais les hurlements sont parfois rassurants et la mort s'accueille plus souvent dans un dernier soupir qu'une ultime plainte. » (p. 184)

Spécialiste en rien et s’y connaître en presque tout


Lu aussi dans Brouillards de Victor Guilbert (Paris : Hugo Thriller, 2023)

« Il n'est pas spécialiste, mais à force de n'être spécialiste en rien il a fini par s'y connaître en presque tout. » (p. 133) 

Visuellement plus intéressant sur un écran de cinéma


Lu aussi dans Brouillards de Victor Guilbert (Paris : Hugo Thriller, 2023)

« Il n'y a que dans les films que l'on vide les tiroirs et qu'on retourne les meubles n'importe comment. C'est visuellement plus intéressant sur un écran de cinéma mais c'est le meilleur moyen de ne rien trouver et de laisser des indices de son passage. » (p.130) 

Une lassitude éternelle


Lu aussi dans Brouillards de Victor Guilbert (Paris : Hugo Thriller, 2023)

« On doit errer mélancolique, sans but, jusqu'à en éprouver une certaine lassitude. C'est quand on atteint cette lassitude qu'on est au point culminant de son errance, une lassitude bien dosée, avec une pointe de bonheur, si bien que cette lassitude on la voudrait quand même un peu éternelle. » (p. 120)


Une ville qui fait souvent trébucher


Lu dans Brouillards de Victor Guilbert (Paris : Hugo Thriller, 2023)

« New York est une ville qui fait souvent trébucher parce qu'à force de lever la tête vers les gratte-ciel, on oublie de regarder où on met les pieds. » (p. 40)

Le regard absent de ceux qui viennent de trépasser


Lu aussi dans Le dernier souffle est le plus lourd de Claude Fleury (Montréal : Éditions Druide, 2023)

« Dans la pièce désertée, les draps, repoussés par le personnel infirmier sans doute, donnaient à voir un patient à moitié nu, inerte, une expression de stupeur imprimée sur le visage. On lui avait fermé les yeux, Dieu merci ; le médecin préférait éviter le regard absent de ceux qui viennent de trépasser. On y cherche en vain chaque fois un reste de vie et on n'y trouve que deux orbites fixes qui ont l'air de vous demander pourquoi vous n'avez rien pu faire. » (p. 131)


Trois lettres pour décrire son état


Lu dans Le dernier souffle est le plus lourd de Claude Fleury (Montréal : Éditions Druide, 2023)

« … comment décrire son état ? Épuisé ? Courbatu ? Éreinté ? Non, ce n'était pas ça. Il laboura sa mémoire pour récolter le mot enfoui quelque part parmi des milliers d'autres, semés au fil du temps. Las. Voilà. Il aurait pu choisir « usé», mais «las» semblait plus juste, moins trivial. L'idée que trois lettres à peine arrivent à dépeindre toute la lourdeur qui l'habitait, l'invisible poids qui faisait fléchir ses épaules, le fit sourire. Puis il se rappela que ce n'est pas le genre de chose qu'on se permet quand on est seul dans un endroit public. On garde sa joie, fût-elle éphémère… » (p. 14)