Le temps pour écrire


Lu aussi dans Adios Hemingway de Leonardo Padura (Paris : Éditions Métaillé, 2005) :


« … parler de littérature, c’est perdre son temps, et il vaut beaucoup mieux être seul, parce que c’est ainsi que l’on doit travailler et parce que le temps pour écrire est de plus en plus court et que si on le gâche, on sent que l’on a commis un péché pour lequel il n’existe aucun pardon. » (p. 94)

Un système d’archivage pas encore au point

Lu aussi dans Dark Secrets 2 – Le disciple (Hjorth & Rosenfeldt. – Gennevilliers, Éditions Prisma, 2014).

« Il avait d’abord pensé à tout classer dans l’ordre chronologique et à consacrer une pochette transparente à chaque jour, mais il avait finalement décidé de les classer par journal, afin de rendre accessible le fil des événements selon le point de vue de chaque publication. Mais quelque chose manquait toujours. Quelque chose clochait. La nuit, il reclassait les coupures de presse, cette fois selon la taille. D’abord les pages entières, puis les trois quarts de page et ainsi de suite. Il fut agréablement surpris de constater qu’aucun article ne faisait moins d’un quart de page.

[…]


Il était satisfait du nouveau système, cela lui convenait mieux. Il referma donc la chemise et se leva. Elle était de plus en plus épaisse. » (pp. 330-331)

Je ne veux pas être flic


Lu aussi dans Adios Hemingway de Leonardo Padura (Paris : Éditions Métaillé, 2005) :


« Pour le moment, je suis sûr de ce que je ne veux pas être. Et l’une des choses que je ne veux pas être, c’est flic : j’ai trop vu de gens se transformer en salopards alors que leur boulot c’était justement de faire chier les salopards » (p. 54)

Écrire est déjà assez difficile


Lu dans Adios Hemingway de Leonardo Padura (Paris : Éditions Métaillé, 2005) :


« … Hemingway devait être quelque part maso si l’histoire était vraie qu’il écrivait debout, sa machine Royal posée sur une étagère, car écrire […] est déjà assez difficile comme cela sans qu’il soit besoin d’en faire un défi physique en plus de mental » (p. 52)

Une bibliothèque pour favoriser le progrès des prisonniers

Lu dans Dark Secrets 2 - Le disciple (Hjorth & Rosenfeld. - Gennevilliers, Éditions Prisma, 2014) :

« Pour un centre pénitentiaire de cette taille, Lôvhaga disposait d'une Bibliothèque plutôt grande. Il y avait sans doute plusieurs raisons à cela. La durée moyenne des peines, plutôt longue. L'horreur des crimes commis. L’idée qu'il fallait stimuler le développement intellectuel des prisonniers pour favoriser leurs progrès. La croyance selon laquelle les livres et la connaissance les transformeraient en hommes meilleurs. Plus la bibliothèque était fournie, plus grand était le nombre de détenus que la direction pouvait se targuer d'éduquer, ce qui améliorait du même coup la notation l'établissement. La logique était banale : la richesse de la bibliothèque supposait une direction compétente et active.

[…]


Le catalogue de la bibliothèque était composé d'essais et de romans, mail il fallait bien chercher pour trouver une perle. » (p. 355)

Un bureau de juge encombré de papier

Lu aussi dans Le Bourreau de Gaudí, un polar de Aro Sáinz de la Maza qui se déroule à Barcelona (Arles : Actes sud, 2014) :

« Après avoir demandé à la réception où se trouvait le bureau de la juge, longé d'interminables couloirs, abandonné le livre sur un présentoir vide et monté puis descendu plusieurs volées d’escalier, il pénétra dans la salle où Alba Conte, la secrétaire de Susana Cabot, dissimulée derrière des montagnes de papiers et de dossiers de couleurs différentes, le reçut d'un air revêche.
- Vous avez quarante minutes de retard et Mme la juge est très occupée, lui reprocha-t-elle. Immédiatement après, comme si cela lui demandait un effort considérable, elle se redressa, dirigea son regard vers une pièce contiguë et dit : Suivez-moi, elle vous attend.
Milo la suivit docilement. La femme frappa à la porte et l'ouvrit.
- Madame la juge, l'inspecteur Malart vient d'arriver.
Susana était au téléphone et fit signe à Milo d'entrer et de s’asseoir. Il préféra fureter du regard à travers le bureau flambant neuf.

Sobre et fonctionnel, il était constitué de deux espaces distincts. D'un côté, une table rectangulaire croulait sous des tas de documents, très similaires à ceux qu'il avait aperçus dans l'antichambre, la plupart jaunis par le temps, attachés avec des sangles et contenant des chemises de couleur. Au-dessous, par terre, d'autres dossiers s'accumulaient, couverts d'une fine pellicule de poussière. De l'autre côté, se dressait une grande bibliothèque bourrée de livres de droit, qui s'arrêtait juste avant d'atteindre le mur pour laisser place à un énorme ficus. Et, placée en diagonale, près de trois petites ouvertures verticales, on pouvait apercevoir le bureau de la juge : vide de dossiers et de documents, il y avait juste le téléphone et un cadre en argent près de la lampe. » (pp. 33-34)

Inondés de documents de toutes sortes

Lu dans Le Bourreau de Gaudí, un polar de Aro Sáinz de la Maza qui se déroule à Barcelona (Arles : Actes sud, 2014) :

«  - […] Je vous appelle juste pour vous demander un service. J’ai besoin que vous meniez une recherche dans les archives des mineurs, vers la fin des années 1980. […] C’est très urgent, Madame Conte. Pensez-vous pouvoir faire ça pour moi?
- Absolument, inspecteur Malart, dit avec aplomb la secrétaire de la juge. Le seul problème va être de trouver les dossiers d’instruction.
- Expliquez-vous.
-Eh bien, il y a vingt ans on n’avait pas d’ordinateurs comme aujourd’hui et la plupart de ces archives n’ont pas encore été enregistrées sur un support informatique. Avec notre déménagement dans les locaux de la nouvelle Cité de la justice, je crains que les dossiers ne soient restés entassés n’importe où. Vous avez bien vu que nous sommes inondés de documents de toutes sortes.
- Malédiction, madame Conte, il est d’une importance cruciale que vous retrouviez ces documents.
- Mais je vais le faire, n’en doutez-pas, assura-t-elle. Mais ça va me prendre du temps, voilà tout.
- Et c’est juste ce que nous n’avons pas : du temps.

- Mettez-vous à ma place, ils peuvent se trouver sous une pile d’autres dossiers, mal classés ou égarés parmi des milliers de cas, et moi… » (p. 548)