« Les gens ne veulent plus lire, les gens
regardent des séries; il faut que ça soit comme un scénario de de série,
apocalyptique et trépidant. […] le futur romancier lui expliquait que le public
voulait des histoires de dépassement personnel, de force intérieure, qu’il se
laisserait peut être conseiller par tel ou tel camarade qui faisait des billets
de dernière page dans le journal » (p. 19)
Les gens ne veulent plus lire
Lu
dans L’autre de Marta Rojals (Arles :
Actes Sud/Jacqueline Chambon, 2016)
La douleur d’écrire
Lu aussi dans Les âmes grises (Trilogie de l’homme devant la guerre) de Philippe Claudel (Paris : Livre de poche, 2015)
« C’est douloureux écrire. Je m’en rends
compte depuis des pois que je m’y suis mis. Ça fait mal à la main, et à l’âme.
L’homme n’est pas fait pour ce travail, et puis à quoi ça sert ? À quoi ça me
sert ? » (p. 212)
Écrire, c'est tout
Lu
aussi dans Les âmes grises (Trilogie de l’homme devant la guerre)de Philippe Claudel (Paris : Livre de poche, 2015)
« À quoi sert tout ce que j’écris, ces lignes
serrées comme des oies en hiver et ces mots que je couds en n’y voyant rien ?
Les jours passent, et je vais à ma table. Je ne peux pas dire que ça me plaise,
je ne peux pas dire non plus que ça me déplaise. […] Je n’ai pas envie de relire. J’écris. C’est tout. C’est un peu comme si
je me parlais à moi-même. Je me fais la conversation d’un autre temps. J’entrepose
des portraits. Je fossoie sans me salir les mains. » (pp. 85-86)
Regarder le temps passer
Lu aussi dans Les âmes grises (Trilogie de l’homme devant la guerre)de Philippe Claudel (Paris : Livre de poche, 2015)
Il « aimait le temps au point de le regarder passer et de ne rien faire d’autre parfois que d’être derrière une fenêtre, sur une chaise longue en rotin, ou bien sur le banc qui surplombait, grâce à une petite butte artificielle que les printemps couvraient d’anémones et de pervenches, les eaux pleines de langueur de la Guerlante, et celles plus pressées du petit canal. » (p. 53)
Prendre une place dans la vie du lecteur
Lu aussi dans Les âmes grises (Trilogie de l’homme devant la guerre)de Philippe Claudel (Paris : Livre de poche, 2015)
« … car on écrit bien entendu uniquement dans l’espérance d’être lu, et aimé, et dans le désir de venir quelques instants, ou un peu plus longtemps, prendre une place dans la vie du lecteur et demeurer en lui, d’une façon ou une autre. » (p. 17)
L’outil d’un romancier
Lu dans Les âmes grises (Trilogie de l’homme devant la guerre) de Philippe Claudel (Paris : Livre de poche, 2015)
«
Car un romancier est toujours quelqu’un
qui, en plus d’utiliser un outil, s’interroge sans cesse sur son outil. La
forme du roman, les mots choisis pour le construire font l’objet d’une remise
en cause perpétuelle et d’une remise en question. » (p. 13)
La valeur des objets
Lu
aussi dans Les fils de la poussière
de Arnaldur Indridason (Paris : Métaillé, 2018)
« Les photos ne font plus le poids face à tous ces films, ces jeux vidéo, ces cassettes et les milliers de chaînes par satellite. À cette époque, le monde était plus simple. La photo de classe avait un sens. C’était un souvenir qu’on pouvait conserver. Aujourd’hui, plus personne ne veut rien conserver. Et quand on garde trop longtemps un objet, il devient ridicule. Il faut qu’on puisse s’en servir, s’en lasser, le jeter pour en acheter aussitôt un autre plus récent et plus utile, l’objet lui-même n’a aucune valeur. Avant, la photo de classe constituait un événement dans la vie des élèves. Aujourd’hui, on dirait qu’ils s’en fichent. Ça leur enlève du temps à passer devant leurs ordinateurs. » (pp. 146-147)
« Les photos ne font plus le poids face à tous ces films, ces jeux vidéo, ces cassettes et les milliers de chaînes par satellite. À cette époque, le monde était plus simple. La photo de classe avait un sens. C’était un souvenir qu’on pouvait conserver. Aujourd’hui, plus personne ne veut rien conserver. Et quand on garde trop longtemps un objet, il devient ridicule. Il faut qu’on puisse s’en servir, s’en lasser, le jeter pour en acheter aussitôt un autre plus récent et plus utile, l’objet lui-même n’a aucune valeur. Avant, la photo de classe constituait un événement dans la vie des élèves. Aujourd’hui, on dirait qu’ils s’en fichent. Ça leur enlève du temps à passer devant leurs ordinateurs. » (pp. 146-147)
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